Passer au contenu
Portée douce

Portage, couches lavables, allaitement : le quotidien des tout-petits, au naturel

Éveil et premiers pas

Motricité libre : laisser bébé bouger à son rythme

Ne pas asseoir un bébé avant qu'il s'assoie seul, ne pas le faire marcher en lui tenant les mains : la motricité libre surprend parfois. Elle repose sur une idée simple, que l'enfant découvre ses mouvements par lui-même, dans un espace sûr. Voici d'où elle vient et comment la mettre en pratique.

Paru le 6 min de lecture

Grand tapis de sol clair dans un salon, quelques jouets en bois et un petit miroir fixé au mur à hauteur du sol

La motricité libre consiste à laisser l'enfant découvrir ses mouvements par lui-même, sans le placer dans des positions qu'il ne sait pas encore prendre seul : on ne l'assoit pas avant qu'il s'assoie, on ne le fait pas marcher en le tenant par les mains. L'adulte lui offre un espace au sol sûr et dégagé, des vêtements qui ne gênent pas, et du temps. L'approche vient des travaux de la pédiatre hongroise Emmi Pikler, à l'institut Lóczy de Budapest. Elle ne cherche ni à accélérer ni à ralentir le développement, mais à le laisser se faire au rythme de l'enfant.

Ce guide fait partie du thème Éveil et premiers pas. Pour la suite, voyez notre guide des chaussons souples et chaussures premiers pas.

D'où vient la motricité libre

Emmi Pikler (1902-1984), pédiatre hongroise, a observé pendant des années le développement de jeunes enfants. En 1946, elle prend la direction d'une pouponnière à Budapest, rue Lóczy, qui accueille des enfants orphelins ou séparés de leurs parents. Elle y met en place une façon de s'occuper des tout-petits fondée sur des soins attentifs et sur la liberté de mouvement.

Les observations faites à Lóczy ont été publiées et diffusées en Europe, notamment en France, où les principes de l'institut, souvent appelé institut Pikler, ont inspiré de nombreuses crèches et formations de professionnels de la petite enfance.

Le principe : ne pas devancer l'enfant

Un bébé passe par une série d'étapes motrices : il tourne la tête, se met sur le côté, se retourne, rampe, se met à quatre pattes, s'assoit, se met debout, marche. La motricité libre propose de le laisser découvrir chaque position par lui-même.

Concrètement, on évite :

  • de l'asseoir calé dans des coussins tant qu'il ne s'assoit pas seul ;
  • de le mettre debout ou de le faire marcher en lui tenant les mains ;
  • de le placer longtemps dans des équipements qui le maintiennent dans une position : transat, siège, trotteur, youpala.

L'idée est que l'enfant qui arrive seul à une position sait aussi en sortir, s'y tient avec ses propres muscles et son propre équilibre, et apprend à tomber.

Les étapes, sans calendrier

Les étapes du développement moteur se succèdent souvent dans le même ordre, mais pas au même âge d'un enfant à l'autre. Certains rampent beaucoup, d'autres passent vite à quatre pattes, d'autres se déplacent assis sur les fesses. Les âges moyens ne sont que des moyennes.

Le carnet de santé de l'enfant indique des repères de développement que le médecin vérifie lors des consultations. C'est avec lui qu'on parle d'une inquiétude, pas avec un tableau trouvé en ligne.

Aménager l'espace

La motricité libre demande surtout un espace adapté :

  • un sol ferme et pas trop glissant : tapis, grand tapis de jeu, parquet ;
  • une zone sécurisée : pas d'objets dangereux à portée, prises protégées, meubles stables ou fixés au mur ;
  • quelques objets simples à attraper, faciles à saisir, sans petites pièces : un foulard, un anneau, un hochet, un gobelet ;
  • un petit miroir fixé au mur à hauteur du sol, parfois ;
  • plus tard, des obstacles bas pour se hisser : un coussin ferme, une marche, un meuble stable.

L'espace évolue avec l'enfant. Un parc peut servir à le protéger quand on doit s'éloigner, à condition qu'il soit assez grand pour bouger.

Le cas du trotteur

Le trotteur, ou youpala, est un siège monté sur roulettes dans lequel un bébé qui ne marche pas encore se déplace en poussant avec les pieds. Il est déconseillé par de nombreux professionnels de santé de l'enfant, pour des raisons de sécurité plus encore que de développement : il permet à un bébé d'aller vite, d'atteindre des objets chauds ou dangereux, et surtout de tomber dans un escalier. Le Canada en a même interdit la vente en 2004. Du point de vue de la motricité libre, il place l'enfant debout avant qu'il ne sache s'y mettre seul, en appui sur la pointe des pieds.

Le chariot de marche, que l'enfant pousse lui-même une fois qu'il se met debout, est une autre affaire : il se choisit lesté et stable, et ne s'utilise que sur un sol plat, loin des escaliers.

Le sol, un terrain de jeu qui évolue

Au début, quelques minutes sur un tapis suffisent à un nouveau-né, entre deux tétées. Au fil des semaines, ces moments s'allongent. Un bébé qui sait se retourner va chercher l'objet un peu plus loin ; un bébé qui rampe explore toute la pièce. L'espace doit suivre : ce qui était hors de portée la veille ne l'est plus le lendemain. Faire régulièrement le tour de la pièce à quatre pattes, à hauteur d'enfant, permet de repérer ce qui doit être déplacé.

Le sol froid, les courants d'air et les sols très durs découragent parfois. Un grand tapis épais ou un matelas de sol ferme rend ces moments plus agréables pour tout le monde, adulte compris, puisque l'adulte gagne à s'y asseoir aussi.

Les vêtements

Des vêtements qui laissent bouger font partie de l'approche : pyjamas et pantalons souples, pas trop serrés à la taille, pieds nus ou en chaussettes antidérapantes sur un sol sûr. Les robes longues et les jeans rigides gênent un bébé qui veut se retourner ou ramper.

Le rôle de l'adulte

La motricité libre ne veut pas dire laisser l'enfant seul. L'adulte reste présent, attentif, et intervient pour la sécurité. Il encourage par le regard et la parole, mais ne fait pas à la place. Les moments de soin (change, bain, repas) sont aussi des moments d'échange, où l'on prévient l'enfant de ce qu'on va faire et où on l'invite à participer.

Motricité libre et portage

Les deux ne s'opposent pas. Le portage répond au besoin de contact et de proximité, et permet de se déplacer avec bébé. Les moments au sol, eux, lui laissent explorer son corps. Beaucoup de familles alternent les deux, comme le rappelle notre guide pour porter un nouveau-né.

Les limites et les nuances

La motricité libre est une approche éducative, pas une prescription médicale. Elle convient à beaucoup de familles, mais elle doit s'adapter à chaque situation : un bébé qui a un retard de développement, une hypotonie, un torticolis ou une plagiocéphalie (tête plate d'un côté) bénéficiera peut-être d'exercices particuliers, prescrits par un médecin ou un kinésithérapeute.

Il n'y a pas non plus de faute à avoir assis son bébé quelques minutes pour une photo ou l'avoir tenu par les mains pour quelques pas : l'approche vise une tendance générale, pas la perfection.

Après les premiers pas

L'esprit de la motricité libre se prolonge : laisser l'enfant grimper sur un module bas, marcher pieds nus dans l'herbe, découvrir la draisienne à son rythme. Les jouets en bois simples, à manipuler, empiler, faire rouler, accompagnent aussi ce besoin d'explorer.

Vrai ou faux ?

La motricité libre : vrai ou faux ?

  1. On assoit bébé calé dans des coussins pour qu'il apprenne à s'asseoir.

    La réponse se trouve dans la partie Le principe : ne pas devancer l'enfant

  2. L'approche vient des travaux d'Emmi Pikler à Budapest.

    La réponse se trouve dans la partie D'où vient la motricité libre

  3. Tous les enfants passent les étapes motrices au même âge.

    La réponse se trouve dans la partie Les étapes, sans calendrier

  4. Le trotteur est déconseillé par de nombreux professionnels de santé.

    La réponse se trouve dans la partie Le cas du trotteur

  5. Motricité libre et portage sont incompatibles.

    La réponse se trouve dans la partie Motricité libre et portage

À lire ensuite : Des jouets simples pour explorer

On nous demande souvent

La motricité libre retarde-t-elle la marche ?

Rien n'indique qu'elle la retarde. Chaque enfant marche à son propre rythme, dans une fourchette d'âge large. L'approche ne cherche pas à accélérer ou à ralentir les étapes, mais à laisser l'enfant y arriver par ses propres moyens.

Le transat est-il interdit en motricité libre ?

Il ne s'agit pas d'interdire, mais de limiter les moments où bébé est contraint dans une position qu'il ne choisit pas. Un transat ou un siège peut rendre service quelques minutes, par exemple pendant un repas des parents.

Faut-il mettre bébé sur le ventre pour qu'il se muscle ?

Les recommandations de couchage demandent de coucher bébé sur le dos pour dormir. Éveillé et surveillé, beaucoup de professionnels proposent aussi des moments sur le ventre. Les approches de motricité libre préfèrent, elles, laisser bébé sur le dos et le laisser se retourner seul. Parlez-en avec le professionnel qui suit votre enfant.

Lire ce guide avec l'aide d'une IA

Chaque bouton ouvre l'assistant avec la demande déjà rédigée ; seule l'adresse de cette page lui est transmise.

Ouvrir la version Markdown

À lire au calme ensuite

Éveil

La diversification menée par l'enfant

La DME, diversification menée par l'enfant : principe, âge selon les recommandations françaises, aliments, réflexe nauséeux et précautions.

6 min de lecture

Éveil

Les jouets en bois

Choisir un jouet en bois pour bébé : âge, marquage CE et norme EN 71, petites pièces, finitions, bois FSC ou PEFC, entretien et occasion.

6 min de lecture

Portage

Porter bébé en hiver

Veste de portage, manteau à insert, couverture ou poncho : habiller bébé et porteur en hiver sans trop couvrir, et bien choisir son équipement.

6 min de lecture